Archive des chroniques "Cybernotes de Bertrand Salvas", telles que publiées dans le magazine "Entracte"
de la Chambre des notaires du Québec et autres contributions en droit des technologies de l'information.

Août 2003 >>> Rats de bibliothèques, où vous cacherez vous ?

À partir du niveau secondaire, la bibliothèque a été un des lieux de rendez-vous privilégiés dans ma vie d’étudiant. Je me souviens des aires de lecture où nous nous retrouvions pour regarder journaux et revues, discuter, ou encore pour se rencontrer avant d’aller à nos cours. Vous me direz que je devais être du genre studieux, qu’on retrouvait plutôt les sportifs à l’extérieur et les « poteux » derrière l'aréna... D’accord, je l’avoue, j’était presque sérieux à l’époque. D’ailleurs, les sportifs ne lisaient pas les journaux et les « poteux » étaient trop accaparés par d’autres types de culture pour nous rejoindre à la « bibli »... Je réalise maintenant que la bibliothèque était un port d’attache où nous nous sentions chez nous entre les mille et un locaux où on nous éparpillait pour suivre nos cours. Mais en sera-t-il ainsi encore longtemps ?

On se rencontre à la bibli et on va manger

La bibliothèque, telle que nous l’avons connue, est sur la liste des espèces menacées. Car si la dématérialisation de l’information permet son acheminement direct aux utilisateurs, il devient inutile de se réserver un lieu unique où la conserver et la consulter sur support papier. Selon une étude récente[i], la tendance observée dans les grands bureaux d’avocats américains est de diminuer de façon drastique l’espace physique de leurs bibliothèques, jusqu’au point de ne laisser qu’une dizaine d’espaces de travail aux juristes de firmes comptant plusieurs centaines d’avocats. Ils se pointent donc moins souvent à la bibliothèque de la firme depuis que les recherches sont possibles à partir de leur poste de travail. Il est également vrai d’affirmer que les plus petites études peuvent désormais, si elles peuvent en assumer le coût bien entendu, avoir accès aux mêmes données que les plus grosses. Et vive la démocratie !

Or, cette réduction de l’espace alloué aux bibliothèques ne s’est pas traduite par une réduction de leurs budgets d’opérations, bien au contraire. Les éditeurs juridiques qui, d’un côté, voient diminuer le nombre des abonnements à leurs produits imprimés (75 % des bureaux d’avocats contactés dans le cadre de l’étude déclaraient avoir réduit leurs abonnements aux produits imprimés et près de la moitié comptant les annuler sous peu[ii]), augmentent de façon importante les frais d’abonnement à leurs services électroniques, particulièrement dans le cas des licences multiusagers.

La concentration croissante de cette industrie réduisant le nombre de fournisseurs d’information, plusieurs bibliothécaires juridiques américains craignent de bientôt perdre le contrôle de leurs budgets. Le coût moyen d’abonnement annuel aux banques en ligne de WestLaw et LexisNexis[iii] pour un grand bureau du top-200 américain frôlant déjà les deux millions de dollars US, il y a de quoi s’inquiéter ! Et tout ça, rappelons-le, pour obtenir l’accès à des documents qui sont, par leur essence même, publics.

Quand je me compare, je me console

Le Canada tousse quand les États-Unis ont la grippe, c’est bien connu. Il faut donc préserver l’accès à nos documents juridiques et se protéger contre cette flambée des coûts. Tout ceci me fait finalement conclure que les notaires québécois, avec leur centre de documentation et leur intranet, se sont mis à l’avant-garde de la libre distribution de l’information. Alors, cessons un peu de grogner en regardant les modestes frais qui nous sont imposés à ce niveau, et comptons-nous chanceux des services qui nous sont offerts.

J’y pense, il faudra quand même trouver un nouveau logis pour nos rats de bibliothèque !

M’semblait bien aussi...

Vous connaissez ce sentiment de culpabilité qui vous habite après une colère ? Pas moi. Mais si tel avait été le cas, j’aurais été bien réconforté d’apprendre que l’Académie Française vient de reconnaître le mot « courriel » pour désigner le courrier électronique[iv].

Je ne suis donc pas fou[v] et certainement pas le seul à trouver ce terme beaucoup plus joli et francophone que l’horrible « mél » que les plus colonisés de nos cousins français s’entêtent encore à utiliser...[vi] Et vlan !

L’astuce du mois : je drague, tu dragues, il drague

À partir de maintenant, j’essaierai d’inclure une astuce dans chaque chronique. Il pourra s’agir d’un conseil utile à vos navigations sur le Web, à vos recherches sur certaines bases de données, un lien utile ou encore un petit truc pour vous aider dans la lutte quotidienne qui vous oppose à votre ordinateur.

Ce mois-ci, deux astuces pour le prix d’une. Tout d’abord, les plaisirs de la drague. Rassurez-vous, je ne suis pas un adepte des sites de rencontres et encore moins des clubs d’échangistes ! Je parle plutôt de la technique du « faire glisser » ou autrement dit l’art de « déplacer la souris en maintenant le bouton enfoncé, ce qui a pour effet, soit de faire bouger à l'écran un objet préalablement sélectionné, soit d'étendre une sélection dans un document ou un fichier. »[vii] Cette technique éprouvée vous permet de sélectionner une série de fichiers pour leur appliquer un traitement commun, soit les ouvrir, les déplacer dans un autre répertoire ou les y copier. Dans un logiciel de traitement de texte, vous pourrez généralement aussi l’utiliser pour déplacer une phrase ou un paragraphe.

Vous savez déjà que je suis un adepte de l’engin de recherche Google.[viii] Ma deuxième astuce est la barre d’outils Google qu’il vous est possible de télécharger pour votre navigateur Internet Explorer[ix].


Vous disposerez ainsi en permanence à votre écran de la boîte de recherche Google avec toutes ses fonctionnalités, comme la recherche d’images ou la possibilité de limiter une recherche à un seul site. Le faire glisser s’y applique également. Il vous sera donc possible de faire glisser mots et phrases trouvées sur une page Web vers la boîte de recherche pour commander immédiatement une recherche équivalente. Très efficace.

À la prochaine !




[i] Less Is More at Law Libraries, Douglas McCollam, Law.com, 5 juin 2003, http://www.law.com/jsp/article.jsp?id=1052440787503

[ii] Lawyers love Westlaw, but they are throwing away West's books, Ashby Jones, Law.com, 10 juin 2003, http://www.law.com/jsp/article.jsp?id=1022954285224

[iii] qui en passant, vient d’acquérir la canadienne Quicklaw (www.quicklaw.com)

[iv] « L'académie adopte le courriel », Yahoo actualités, 9 juillet 2003, http://fr.news.yahoo.com/030709/5/3aqa8.html

[v] sur ce point en tout cas !

[vi] Voir cybernote du mois de janvier 2003

[vii] Voir la fiche de l’Office de la langue française au http://w3.oqlf.gouv.qc.ca/terminologie/fiches/8393105.htm

[viii] www.google.com

[ix] http://toolbar.google.com/intl/fr/ Notez bien que d’autres moteurs de recherche offrent aussi des barres d’outils.

[x] c’est pas trop tôt !

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