Archive des chroniques "Cybernotes de Bertrand Salvas", telles que publiées dans le magazine "Entracte"
de la Chambre des notaires du Québec et autres contributions en droit des technologies de l'information.

Décembre 2010 >>> "Mon boss est un ci et un ça!"

Pièges et astuces Facebook (2e partie)


« Les choses étant ce caleçon », chaque innovation technologique facilitant l'utilisation des ordinateurs rendent ceux-ci de plus en plus invisibles à nos yeux, et les fait entrer de plus en plus profondément dans notre quotidien et modèle même notre façon de vivre. Vous trouvez que j'exagère ? Eh bien non. Même que la rapidité à laquelle progressent ces changements me surprend régulièrement moi-même...

Il est conseillé à toute entreprise d'établir pour ses employés une politique d'utilisation des ressources informatiques. Établir clairement ce qu'un employé peut ou ne peut pas faire avec le matériel informatique de son employeur, ainsi que comment il peut ou non utiliser son temps de travail, est en effet un bon moyen d'éviter certains malentendus et conflits sur les lieux de travail. Généralement parlant, de telles politiques comprendront des interdictions d'utiliser des outils de clavardage ou de visiter les réseaux sociaux comme Facebook ou autres.

Notre génération a inventé le « cyberslacking » ou cyberflânage, aussi il est logique que nos patrons aient combattu ce phénomène. La nouvelle génération, celle qui est pratiquement née avec le Web, a appris à écrire sur un clavier, à communiquer avec MSN et n'a aucune idée de ce qu'est un téléphone rotatif, une ligne à impulsions ou un téléviseur avec des oreilles de lapin, et n'a que faire de ces interdictions. Pour elle, « tweeter » est aussi naturel que respirer et le fait de réagir sur Facebook n'est aucunement une menace à sa productivité, au contraire ! Sa présence sur les réseaux sociaux ne fait que la rendre plus productive et peut même faire avancer ses affaires et celles de son employeur. Cette génération est celle du « multitasking », du multitâche.

Faut-il s'attendre à un nouveau choc des générations ? Pas du tout mes amis ! Car les patrons de demain émaneront aussi de cette génération et que, qui plus est, les patrons d'aujourd'hui commencent à prendre note de ce nouveau virage apporté par les réseaux sociaux. Ainsi le gouvernement de la Colombie-Britannique vient-il de rendre public sa nouvelle politique gouvernant l'usage des réseaux sociaux par ses employés qui, au lieu de les bannir, leur reconnaît carrément le droit de les utiliser : « Le gouvernement reconnait que les réseaux sociaux sont un nouvel outil en milieu de travail, dont l'usage peut être incorporé dans la journée de travail de ses employés plutôt qu'être interdit ou découragé. Nous avons pleinement confiance en nos employés. »

Un autre indice nous vient des États-Unis, où le National Labor Relations Board (NLRB) vient d'accepter d'étudier une plainte d'une employée congédiée pour avoir parlé contre son employeur sur Facebook (FB). Celle-ci s'était empressée de manifester sur FB son mécontentement face à une décision de son employeur, entraînant une discussion en ligne à ce sujet avec d'autres employés. Pour l'employeur, cette situation contrevenait à l'interdiction de parler de la compagnie sur les réseaux sociaux « de quelque façon que ce soit ». Pour le NLRB, au contraire, le congédiement est abusif. Sans aborder la question de la validité de la politique Internet de l'employeur, la NLRB se fonde sur un article de la loi américaine des relations de travail, et assimile les discussions des employés sur FB au  « droit de concertation » que celle-ci leur accorde. Les « protected concerted activities », que l'on pourrait interpréter comme étant une facette de leur droit d'association leur reconnaissant le droit de participer à des activités relatives à leur travail, comprendraient donc le fait de participer à des fils de discussion sur Internet concernant leur employeur. Cet état de fait donne ouverture à la reconnaissance d'un droit d'expression sur le Web 2.0. Vous trouvez toujours que j'exagère?


Astuce : Innovation chez Google



Nous avons souvent eu l'occasion de casser un peu de sucre sur le dos de Google. Il est vrai que sa position dominante sur le Web et les succès spectaculaires que cette entreprise a connus en affaires, notamment sur le marché boursier, lui ont un peu monté à la tête... C'est le propre des entreprises américaines qui se retrouvent en position de quasi-monopole, que l'on pense seulement à Microsoft il y a quelques années. J'imagine que c'est une conséquence de la férocité de la concurrence qui prévaut dans ce domaine. Enfin, bref.

Il faut quand même rendre à César ce qui est à César, et reconnaître que si Google est devenu ce qu'il est, c'est qu'il a carrément révolutionné la recherche sur le Web. Finies les requêtes complexes, le raffinement des recherches et les essais-erreurs avant d'arriver à la page désirée. Avec Google, nous arrivons rapidement à l'information que nous cherchions, et sans trop de chichi. Les autres moteurs de recherche ne font qu'essayer de copier et de se mesurer au moteur-étalon Google. Il ne nous reste plus qu'à visiter les pages qui nous sont présentées, pour voir ce qu'elles contiennent. Mais cette étape aussi est en train de changer... Ah oui ?

Lancer n'importe quelle recherche sur Google. Vous y êtes. Bien. Maintenant regardez à la droite du titre des pages trouvées et vous verrez qu'une petite loupe apparaît maintenant à côté de chacune d'elle. Vous ne la voyez pas ? Répétez alors l'exercice dans quelques temps, car Google implante la nouveauté graduellement selon les serveurs et les régions. Mais vous devriez la voir...

Maintenant, cliquez sur cette loupe. Vous verrez apparaître un panneau à la droite de votre écran, vous présentant la page vers laquelle pointe le lien. Vous pourrez ainsi, sans quitter votre page de recherche, visualiser un aperçu des pages trouvées, ce qui vous permettra d'éliminer certains résultats moins pertinents.

Voilà le genre d'outils qui me fait tant apprécier Google et qui me fait lui pardonner ses incartades et invasions de la vie privée... Un peu comme on pardonne les bévues de gens intelligents et innovateurs.

Et tant qu'à parler des résultats de recherche de Google, je vous rappelle que ces derniers vous fournissent aussi deux autres liens. Le premier, qui n'apparaît pas systématiquement, se nomme « pages similaires » et lancera une nouvelle recherche de pages comportant les mêmes mots clés ou comportant les mêmes caractéristiques afin de préciser votre recherche. L'autre, « en cache », permettra qu'apparaisse la page telle qu'elle se trouvait lors de sa dernière visite par Google. Car Google, bien entendu, conserve une copie intégrale des pages qu'elle visite, donc du Web au complet... Ce lien est pratique pour trouver des informations d'un site temporairement indisponible ou si, comme c'est fréquemment le cas pour les sites de nouvelles, lorsque la page a changé depuis l'indexation de Google. Il faut cependant dire que Google n'archive pas toutes ces pages et qu'elles changeront à sa prochaine visite. La solution est donc temporaire.

À la prochaine !

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